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Comprendre la 2e partie du rapport du GIEC

Ce post ne parle pas de cuisine mais d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Je ne vais pas parler de la guerre, qui est un évènement géopolitique et humain terrible, mais d’une autre actualité tout aussi brûlante. Le climat, et ses conséquences pour nous et la vie sur Terre si nous ne réagissons pas.

Le GIEC, c’est quoi ?

Le GIEC est un organisme de l’ONU qui regroupent des scientifiques de plusieurs pays qui évaluent les connaissances scientifiques actuelles autour du réchauffement climatique. La partie 1 de leur 6e rapport est sortie en août 2021. Elle confirmait que l’homme est responsable du réchauffement climatique.

Plus d’information sur le GIEC et son fonctionnement sur le site du BonPote.

La partie 1 de leur 6e rapport est sortie en août 2021 et confirmait que l’homme est responsable du réchauffement climatique. La 2e partie du rapport du GIEC est sortie le 28 février 2022. Elle se concentre sur les impacts et les adaptations. Ce 2e volet se base sur 34000 publications qui ont été analysées par 270 scientifiques de 67 pays.

Couverture du 2e volet du 6e rapport du GIEC sur le réchauffement climatique

Que dit le rapport ?

Pour faire rapide, c’est très inquiétant. Le rapport apporte des preuves que les changements climatiques seront importants et toucheront de manière disproportionnée les populations.

En fait, les conséquences sont déjà visibles.

Les feux, inondations, tempêtes, les vagues de chaleur vont être de plus en plus fréquents. Ce qui peut nous attendre : des millions de réfugiés, des épidémies, des extinctions d’espèces, des tensions aiguës sur les ressources alimentaires, des pertes économiques majeures, de la mortalité. Je sais, ça ne fait pas rêver….

Voici quelques données chiffrées que l’on peut extraire du rapport :

  • 3,3 à 3,6 milliards d’humains (50% de la population actuelle) sont déjà très vulnérables au dérèglement climatique. Les plus pauvres et fragiles seront les plus touchées.
  • La moitié de la population subit déjà des pénuries d’eau liées au dérèglement climatique. Des millions de personnes sont exposées à l’insécurité alimentaire.
  • Il y a eu 15 fois plus de morts liés aux inondations, sécheresses et tempêtes ces 10 dernières années dans les pays les plus vulnérables par rapport aux autres pays. Ces pays vulnérables sont ceux qui sont les moins responsables des émissions de CO2 de la planète.
  • La moitié des espèces vivantes analysées fuit pour échapper au réchauffement climatique.
  • A +1,5°C, le risque est élevé de voir l’Amazonie se transformer en savane.

Les continents seront inégalement touchés mais le seront tous. Globalement on peut dire que les pays les moins émetteurs sont les plus exposés au réchauffement climatique. Et ils sont aussi très vulnérables de par leur pauvreté, aux contextes géopolitiques parfois instables, à l’accès aux soins, éducation, alimentation.

Source : Figure TS 4 du 6eme rapport du GIEC, 2e groupe de travail

Le rapport détaille également les niveaux d’adaptations des pays. Il s’avère que nous ne sommes pas préparés correctement, ne serait-ce que pour faire face aux impacts actuels. Les états réagissent au coup par coup et souvent dans la confusion. Cela vaut également pour la France.

Tout n’est pas perdu

Si nous ne limitons pas le réchauffement à court terme à 1,5° par rapport à l’ère pré-industrielle, une partie de l’humanité sera dans l’incapacité de s’adapter. Nous sommes déjà à +1,1° et les conséquences se font sentir. Heureusement, il n’est pas trop tard pour contrôler la portée des impacts climatiques. Et pour cela rappelons-le : chaque dixième de degré compte. Un monde à 2° n’aura rien à voir avec un monde à 1,5°.

Source : Figure SPM.1 du 6eme rapport du GIEC, 2e groupe de travail

Les écosystèmes naturels et la biodiversité sont un levier incontournable pour lutter contre le changement climatique et maîtriser ses conséquences. Leur protection intégrale n’est plus une option, elle est incontournable.

Cette décennie est cruciale dans la lutte contre le changement climatique. Agir maintenant peut encore sécuriser et limiter les impacts pour notre futur et celui des générations futures. Cela nécessite d’arrêter les politiques actuelles de petits pas cosmétiques et de passer à un changement de modèle économique et social, fondé sur un partage de l’effort équitable.

Or :

  • les émissions UE ont retrouvé leur niveau de pré-pandémie.
  • les États ont plus investi dans les fossiles que dans les renouvelables pour relancer l’économie mondiale.
  • Le sujet du réchauffement climatique est quasiment inexistant de la campagne électorale (2,7% des sujets évoqués la semaine dernière dans les médias).
  • La couverture médiatique du rapport du GIEC est quasiment nulle.

Bref, on n’y est pas encore.

Vous voulez en savoir plus ?

Si vous voulez approfondir le sujet, sachez qu’il existe 3 versions du rapport du GIEC :

Si cela vous parait insurmontable, je vous propose de commencer par ces ressources :

  • Cette synthèse en français qui se lit en 10 minutes sur BonPote,
  • L’infographie BonPote des points à retenir à imprimer ici,
  • Cette vidéo très bien faite de Camille Etienne et Paloma Moritz qui résume les points saillants du rapport.
  • Vous trouverez également de nombreuses infographies sur Instagram chez @datagora.fr, @humeco, @reseauactionclimat,…. pour ne citer qu’eux.

Comment agir ?

Colère et désespoir peuvent nous envahir face à toutes ces informations. A notre niveau, nous pouvons agir pour limiter nos émissions carbone.

Faire une simulation de ses propres émissions CO2 peut constituer une bonne base de démarrage. Le simulateur de l’ADEME est très bien fait pour cela. Cela peut vous permettre de voir quels sont vos leviers de diminution et les impacts de vos différentes actions.

On peut citer dans les actions possibles :

  • Consommer différemment
  • Manger moins de viande, de poisson et de produits laitiers
  • Ne plus prendre l’avion
  • Limiter ses déplacements en voiture et privilégier les transports en commun, à vélo ou à pied
  • Faire isoler son logement (pour les propriétaires)
  • Viser la sobriété : conserver ce qu’on a le plus longtemps possible et n’acheter que ce dont on a besoin
  • Privilégier les produits de saison, cultivés et fabriqués près de chez vous

Ceci sont des exemples et personne n’est pas parfait ! L’idée est plutôt de prendre conscience des choses à faire et de se soutenir plutôt que de pointer les écolos imparfait du doigt.

Mais malheureusement, malgré tout vos valeureux efforts cela ne suffira pas ! Le monde politique doit aussi s’impliquer pour mettre en œuvre des changements profonds. Pour mettre en avant le sujet du réchauffement climatique, vous pouvez par exemple participer aux manifestations Don’t look Up du 12 mars prochain. Elles ont lieu un peu partout en France. Il y en a sûrement une près de chez vous.

On en parle !

J’espère que cet article différent vous a plu ! Il correspond vraiment aux sujets que j’ai envie de mettre en avant aujourd’hui. N’hésitez pas à réagir en commentaire. Quels sont les actions que vous voulez/avez-vous mis en œuvre ? Vous allez manifester le 12 mars ? Dites-moi tout !

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